ADJAMÉ VILLAGE : FRAPPER POUR DÉVELOPPER

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J’ai suivi avec beaucoup d’attention les évènements d’Adjamé village et je suis profondément indignée de la brutalité avec laquelle l’État incarné par M. Ouattara entend déguerpir ces populations.

L’État, il est clair a des impératifs de développement et celui-ci ne peut se faire sans quelques sacrifices quelques fois. Cependant, le développement en question est censé profiter aux populations et c’est pourquoi lorsqu’il croise les intérêts d’une partie de la population, des discussions doivent être engagées afin de trouver la meilleure solution possible.

En France, pays qui nous sert de référence à la fois politique, juridique et morale, les populations pendant des années ont bloqué le site de la construction de l’aéroport Notre Dame des Landes. Tous les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite qui se sont succédé ont donné la priorité au dialogue. En dépit du fait que cet aéroport allait désenclaver la ville de Nantes et la relier au reste du monde, les manifestants ont opposé des arguments à la fois écologiques et sécuritaires. Le gouvernement sous Macron a décidé d’annuler le projet.

En général, quand on détruit les habitations des populations à Abidjan, on leur demande d’aller au village. Dans le cas des populations d’Adjamé Village, c’est à la fois leur village leur activité économique donc moyen de subsistance qui seront détruits en un coup. La gravité de la situation mérite qu’on lui accorde une attention particulière.

On ne peut pas tout résoudre par la violence et la confrontation. Le peuple Ébrié a beaucoup donné à la Côte d’ivoire. Il mérite respect et considération. Ce peuple autrefois composé de pêcheurs et d’agriculteurs a vu toute son activité économique être détruite par le besoin de construction ou d’extension de notre capitale. Et même si l’on estime qu’ils sont en tort, ce qui reste à prouver, il faut dialoguer. Mais on ne peut pas frapper ces pauvres populations parce qu’on a passé le marché à ses amis et que ceux-ci ont besoin de construire rapidement pour empocher l’argent. Un pays ne se gère pas comme une entreprise.

Au total, 6 967 bâtisses qui sont potentiellement affectés par le projet, sont réparties comme suit : 4119 dans la commune de Yopougon, 1901 dans la commune d’Attécoubé et 947 bâtisses dans la commune d’Adjamé.

Va-t-on frapper toutes ces populations à travers la capitale ? Officiellement, il s’agit de construire un pont mais sous ce projet louable, ce sont plusieurs intérêts de certains particuliers entre surfacturations et faux en écritures qui se déroulent. Vous êtes pressés d’encaisser votre argent, c’est vrai mais n’humiliez pas les ivoiriens. Nous aspirons à la paix et la cohésion sociale.

Ouattara, vous créez les germes d’un conflit social. Les populations ne refusent pas le développement. Elles exigent d’être dédommagées à la hauteur du préjudice qu’elles vont subir. À défaut, faites dévier le pont.

Par Kyria DOUKOURÉ

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